On est en 96, t’as à peine 9 ans, tu joues en débutants et comme chaque dimanche matin depuis que t’as arrêté les patins à roulettes, tu tapes le cuir en club. Une équipe de copains, déjà bien rodée, avec pour seule tactique de balancer, à la récupération, des grands ballons devant pour trouver votre numéro 9, allongé sur la ligne du hors-jeu depuis 10 minutes à attendre qu’on lui foute enfin un ballon dans les panards. Lui, c’est Lionel, enfin plutôt Gronaldo. 

Ce pote que tu as toujours surnommé Gronaldo

Lionel, c’est le gars l’plus technique de ton équipe, celui qui touche une fois sur deux la barre transversale à la fin de l’entrainement et qui a l’droit à sa cannette gratuite de coca. Lionel, c’est simple, c’est le meilleur buteur d’ton club, toutes catégories confondues. Mais Lionel, c’est aussi l’plus gros d’ton club, toutes catégories confondues. Pas pour rien, qu’les coéquipiers, les coachs, les éducateurs et même les darons le surnomment Gronaldo. Il parait qu’ce serait Patrick, l’gonze d’la buvette qui détient depuis 74 le record de shots de verveines, qui l’aurait gueulé en premier alors que l’petit gros s’apprêtait à frapper un péno. Ça l’avait pas dérangé plus que ça l’gamin, il avait foutu un énorme pointard presque sans élan en plein dans la lucarne. Sa marque de fabrique. La lucarne ? Non l’pointard. Mais attention, pas le pointu qui finit sur le pastis de Norbert posé tranquillement à la terrasse du Bar du Centre de ton village, non Gronaldo, lui, il te place des pointus hyper propres façon Ronaldihno contre Chelsea.

Bref, Gronaldo a vite adopté son nouveau surnom. Il a même ajouté un G au marqueur noir sur son maillot du brésil ultra-moulant qu’on dirait du 4 ans. Quand il marque, il fait la même célébration que Ronaldo, celle avec le doigt, mais en version gros sans sous-titres. C’qui doit arriver au minimum trois fois par match. Faut dire qu’le coach, ce salaud, lui dit toujours qu’il pourra bouffer l’même nombre de pain au choc’ après l’match qu’le nombre de buts qu’il marquera. Tu t’souviens même qu’une fois, il avait planté 8 buts dans un seul match et que vous n’aviez pas eu une seule miette de tout l’paquet Pasquier.

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Aujourd’hui, les années ont passées, les kilos sont restés. Vous avez finalement arrêté de l’appeler Gronaldo, préférant varier entre Darcheville, Diomède et Dédé. Avec le temps, le petit Lionel est devenu grand, il s’épuise et épuise beaucoup plus rapid’ment. En fait, c’est devenu un gros fdp avec les adversaires. Il fait des bruits avec sa bouche à tout bout de champ et des chat-bite sur les corners, fait des sales poussettes sur les ballons aériens, met des petits taquets au défenseur adverse et prend littéralement à coeur le marquage à la culotte. Quand Gronaldo réussi un gros dribble, il s’arrête carrément d’jouer pour s’foutre d’la gueule d’son adversaire. T’as compris que si il faisait ça c’est qu’il était physiqu’ment incapable de continuer l’action. Mais le pire c’est quand il marque enfin son but, il va voir direct son adversaire direct pour faire sa célébration à quelques centimètres d’son pif.

Les années ont passé et Lionel est toujours aussi utile à ton équipe. Dans les vestiaires c’est lui qui lance le cri d’la victoire, c’est lui qui fait du ventriglisse pour rentrer dans les douches, et c’est lui qui fait encore l’hélicoptère avec sa bite tout en te pissant dessus. T’as d’ailleurs jamais compris comment un aussi petit truc pouvait libérer autant de pisse.

Pour ton pote Lionel, ton Gronaldo, capable de t’servir un caviar en coup du foulard comme d’te gerber son kebab d’la veille après une accélération de 20m.

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