Quand on associe Paris et football, on pense directement au PSG, à ses tribunes, à ses groupes et aux plans et interdictions dont ils ont été victimes. On ne pense pas tellement au populaire qui peut prendre place dans les travées du Parc mais bien à la richesse et à l’opulence qatarie. De même, on ne pense pas aux autres clubs parisiens qui aimeraient se faire une place dans la hiérarchie footballistique francilienne. C’est pourquoi je suis monté sur Paris afin de découvrir le temps d’une journée les autres endroits où le football embrasse le populaire et où les pintes s’enchainent devant le ballet des ballons balancés devant.

 

Malheureusement, ma quête fut raccourcie assez vite : en ce week-end de Coupe de France, mon agenda m’indiquait deux ou trois matchs possibles selon les contraintes horaires. Le Red Star allant jouer à Nice, deux options restèrent jusqu’à temps que je me rende compte que l’un des matchs restants était programmé le dimanche et non le samedi. Pas de CO Vincennes – AS Saint-Ouen-L’Aumône pour moi. Seul me restait le match entre le Paris FC et l’ASSE.

Après avoir tourné en rond pendant quelques heures en plein centre de Paris, Charléty et le QG des Ultras Lutetia me tendirent les bras. Quelques bières vinrent briser la glace et l’on m’expliqua alors l’histoire récente du club et des ultras. La diversité des profils me surprit : étudiants et ex-ultras du PSG se côtoyaient dans une volonté de retrouver une échelle humaine, quelque chose de populaire dans cette ville qu’est Paris. Le plan Leproux en tête, je ne pus qu’acquiescer. Les réponses à la question « pourquoi pas un retour au Parc » furent simplement « je n’ai plus d’attache », « j’ai tourné la page ».

L’heure du début de la rencontre se rapprochait, je décidais alors de m’avancer vers l’enceinte. La fouille passée, je me retrouvais face à un imposant édifice de béton. Les marches gravies, une esplanade rassemblant la buvette et les toilettes m’attendait. L’architecture de ce stade me plut si bien que ces entrelacements de barres métalliques attirèrent mon attention pendant quelques minutes. Je rejoignais ensuite mes hôtes d’un soir dans leur tribune. A partir de ce moment, les souvenirs se brouillent : l’alcool aidant et le match n’étant pas un récital de la part de Sainté, je me désintéressais alors de la pelouse pour vivre le supportérisme. Me fondant dans le groupe, j’observais les faits et gestes de ces garnements et, entre deux gorgées de bière, quelques photos furent prises.

 

 

La seconde mi-temps fut l’occasion de partir vers l’autre groupe ultra du PFC, le Old Clan. De même, l’ambiance était au rendez-vous et les tensions du passé entre les deux formations ultras semblèrent maintenant enterrées. Quoiqu’il en soit, le second but parisien fit exploser le Clan. Et le stade. Saint-Etienne allait revenir une deuxième fois au score pour enfin rafler la victoire grâce à Mathieu Debuchy.

Pendant ce temps, je déambulais dans le stade me fondant dans les ombres des spectateurs que les projecteurs opposés faisaient tomber sur le parvis. Ce stade, ces spectateurs, ces ultras transpiraient le football de banlieue, celui qui peine à remplir son enceinte mais celui qui garde un lien fort avec ses racines. Si Saint-Étienne n’y était pas pour rien concernant le nombre de spectateurs, j’étais étonné par le nombre de supporters parisiens et surtout par l’ambiance dégagée ce soir-là par ceux-ci. Forcément, un club comme le PFC ne remplit et ne remplira sûrement jamais Charléty, pourtant les fans sont chaleureux et animent du mieux qu’ils peuvent le bloc qu’ils occupent, que ce soit Old Clan ou Ultras Lutetia. Déjerine restera tout de même leur « forteresse imprenable » au même titre que lorsqu’on supporte le PFC, « on ne sait jamais ce qu’il va se passer ».

Photos argentiques et texte de Robert.

 

Cet article de Robert vous a plu ? Pour être tenus informés de nos prochaines aventures-foot, rejoignez-nous sur facebook, instagram ou twitter !

 

Prochaine aventure-foot : Show me your Brest !
Brest – Sainté
Dimanche 16 février

 

Date18 janvier 2020
PhotographeRobert
VilleStade Charlety - Paris