La première fois que je t’ai vu, c’est à travers les expressions du visage de mon grand-père. Je prenais plaisir, tout en dégommant un sachet de Pipas acheté plus tôt chez le boulanger du village, à l’observer bouillir dans son canap en te fixant. J’avais vite compris ton pouvoir sur les gens, cette facilité à jouer avec leurs sentiments. Quelques années plus tard, j’appris à mon tour à faire ta connaissance et je tombais moi aussi sous ton charme. Toi, le football, toi, mon fidèle compagnon, toi qui hante ma vie depuis de si nombreuses années qu’il est presque impossible de me rappeler d’un jour où je n’ai pas été à tes côtés.

Football je t'aime

Je me souviens de ces premiers foot sur le bitume de la cour de récré et de de ces longs débats que nous avions entre copains pour déterminer si il y avait but ou non. Je me souviens de ces ballons qui finissaient dans la tête des filles qui jouaient à la marelle et ceux qu’on perdait à tout jamais sur les toits de l’école. De ces foot que je faisais sur le rond point du lotissement une fois les devoirs terminés ou encore de tous ces samedis après-midi où je squattais le terrain du skatepark de l’Etrat ou celui du city stade du Charpenet de Saint-Priest-en-Jarez. On faisait des matchs de dingues, on était infatigable. Des goals à goals, des 25 contre 25 ou le fameux jeu du 180 où il fallait allumer les fesses de ses copains.

Je me souviens de mon tout premier ballon acheté chez Decathlon avec lequel je dribblais les meubles de la maison. Je mettais aussi des petits ponts à ma mère qui préparait le gueuleton. Je me souviens de ma première licence au club de L’Etrat la Tour Sportif et du bonheur que j’ai ressenti en enfilant mon premier survêtement jaune et bleu. Je me souviens de ce maillot Tadduni jaune fluo ou du Duarig avec le gros « Corona Etanchéité » sur la poitrine. De ces « Pilou, pilou, pilou? Zob, zob, zob!» que nous gueulions avec nos voix de bambins lors des victoires du dimanche matin. De ces pains au choc et de ces Panaché qu’on se foutait en vitesse dans le gozier pour rentrer et voir la fin de Téléfoot. Je me souviens de ce nouveau maillot des Verts que je recevais à chaque Noël et de ces joueurs que j’avais choisi de foutre au dos. Sablé, Pédron, Kvarme ou encore Carteron. Je me souviens de ce challenge Wanadoo que nous avions perdu à la mi-temps d’un match à Geoffroy Guichard, de ces tournois de foot au Stade Roger Rocher où on se caler déjà les joues avec des barquettes de frites entre deux matchs ou de celui de Crolles Bernin où on s’était fait exploser par une équipe de Casablanca. Je me souviens de ces tombolas et de ce maillot porté et dédicacé par Kader Ferahoui que je n’ai jamais gagné. De toutes ces coupes, de toutes ces médailles et de tous ces goodies que j’affichais fièrement dans ma pièce à trophées. De ces posters Onze et Maillot Vert qui avaient retapissés tous les murs de ma chambre, mais aussi de toutes ces deuxième mi-temps de Ligue des Champions que mes parents m’interdisaient et que je regardais discrètement du haut de l’escalier.

Je me souviens de ce premier brassard de capitaine, de ces premières détections, de ces années sports études et de cet esprit compétition qui m’éloignait petit à petit de toi. Je me souviens de ces copains du foot avec qui j’ai fait mon premier nouvel an et avec qui j’ai bu mes premières Smirnoff ICE. Je me souviens aussi de la fin de ma carrière de joueur et le début de celle de gros supporter. De mes premiers déplacements, de mes premiers fumis, de toutes ces écharpes et de tous ces fanzines que je collectionnais. Bref, ma tête est un album Panini où les vignettes gisent au fond des tiroirs, des recoins de ma mémoire. Il suffit d’en entrouvrir un pour voir courir des centaines de souvenirs foot.

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